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Case File n°221 : Kabukichô – Sherlock au quartier rouge

Sherlock Holmes est assurément un des personnages les plus populaires au monde et son succès ne connaît pas de frontières. Le détective de Baker Street s’est régulièrement vu adapté et ré-interprété, notamment en série d’animation, au point que ce soit presque devenu un genre à part entière.

Cette année, c’est Production I.G qui se paye Sherlock avec Case File n°221 : Kabukichô, faisant de lui un détective underground opérant dans le quartier rouge de Tokyo ! On a donc affaire à une version contemporaine et ancrée dans la culture de la nuit. Est-ce que cette nouvelle interprétation réussit à se démarquer des autres ? C’est ce qu’on va voir.

Synopsis (ADN) :

Kabukichô, côté Est de Shinjuku, aussi appelé le « quartier-lumière », est le théatre d’affaires sordides… C’est ici que se trouve un « bureau d’enquête » dirigé par Mme Hudson qui est composé de détectives uniques en leur genre, dont Sherlock, un génie amateur de Rakugo. L’histoire commence lorsqu’un meurtre mystérieux se produit !

 

Une étude en couleurs

Le point fort de Case File n°221 se trouve assurément dans son visuel. Le chara-design des personnages est réussi, et participe à la création de nombreux gags. Les décors urbains donnent envie de les explorer, bourrés de couleur et pourtant très nocturne, on retrouve vraiment ce côté “néon” du quartier de Kabukicho.

©Kabukicho Sherlock Partners

On remarque aussi cette qualité graphique dans l’opening ! Rythmé et débordant de couleurs, on lancerait presque l’épisode juste pour lui.

Concernant l’OST, on nous propose des musiques traditionnelles japonaises accompagnées d’un peu de jazz. Pas de thème marquant pour l’instant, mais de quoi soutenir le décor.

Sherlock mène l’enquête, mais pas la danse.

Si le contexte choisi est intéressant, le personnage d’Holmes l’est un peu moins. Une légère excentricité, un caractère désagréable mais pas trop, une perspicacité impressionnante mais pas délirante. Tout semble un peu forcé, comme si ce Sherlock devait absolument correspondre à l’idée qu’on a du détective. Au final, on nous sert de l’eau tiède, avec un goût trop discret de Holmes. Attention, le personnage n’est pas mauvais, mais tristement oubliable.

Du côté de Watson, on retrouve la même fadeur. Pourtant personnage clé de la série, le docteur ne sert que de bonne à Sherlock et la dynamique habituelle des deux compères ne peut pas s’installer. Holmes est trop normal pour que son acolyte lui serve de garde-fou.

Le reste des personnages est un peu plus intéressants, mais manque de temps à l’écran pour se développer pleinement, nous laissant un peu sur notre faim. On peut se demander si ces autres détectives, qui ne semblent pas si loin du niveau de Holmes, ne l’empêchent pas de briller.

©Kabukicho Sherlock Partners

Courez courez, Holmes et Watson…

Pour ce qui est des enquêtes, l’anime tombe dans des travers similaires. Les résolutions sont souvent expédiées, parfois au détriment du mobile ou de l’explication. Les crimes sont soit gentillets, soit faussement durs, on peine à s’y intéresser. Si l’ambiance urbaine est efficace, elle en demeure trop lisse. On se croirait plus dans un gigantesque carnaval que dans un véritable quartier rouge infesté de yakuzas, notamment à cause des affaires traitées.

Comme souvent dans les animes de détective, un fil rouge se dessine et se fait remonter au fil des affaires. Malheureusement, les deux enquêtes principales sont tristement absentes de ces cinq premiers épisodes. L’affaire que Watson veut présenter à Holmes est plus proche du ressort comique que de l’intrigue, tandis que Jack l’Éventreur ne fait parler de lui qu’une seule réelle fois. Les épisodes restants réussiront-ils à corriger le tir ?

©Kabukicho Sherlock Partners

En conclusion, Case File n°221 : Kabukicho est bien parti pour être un exemple de ces animes de saison qu’on oublie quand la prochaine commence. C’est d’autant plus regrettable qu’on sent du potentiel, gâché par l’absence d’une véritable direction. Ni comique, ni noir, il en reste un moment sympathique et pourra séduire les spectateurs moins expérimentés dans le genre.

Avec au moins 7 épisodes restants, on garde espoir. Courage Sherlock !