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Re:Zero – La force du faible (review)

Re:Zero kara hajimeru isekai seikatsu, ou juste Re:Zero, est le genre d’œuvre sans entre-deux. Soit les gens l’adorent, soit ils la détestent. Nous vous proposons aujourd’hui de la découvrir, ou la ré-découvrir potentiellement d’une nouvelle façon, via cette petite analyse et review. Bien sûr, pas de spoil, si ce n’est sur l’épisode 1.

Commençons par le commencement : Re:Zero est un webnovel qui a débuté en 2012, avant d’être édité en light-novel, en manga, ainsi qu’en anime. Il est également l’un des isekai et un des light novels les plus populaires, surtout au Japon. L’histoire raconte celle de Natsuki Subaru, un adolescent “nolife” de 17 ans, qui en sortant d’une épicerie, se retrouve soudainement propulsé dans un monde fantastique. Il ne sait pas pourquoi il est là, il n’a pas l’air d’avoir de pouvoirs ou autre, et il ne sait pas vraiment quoi faire. Face à des bandits, il se fait sauver par une demi-elfe magicienne, dont il va tomber amoureux, et en l’aidant à récupérer un objet qu’on lui a volé, il va… mourir, dès l’épisode 1. Cependant, il va se rendre compte qu’il a une capacité spéciale, celle de pouvoir revenir à la vie, à un point défini dans le temps.

Le gros point fort de l’œuvre, c’est son protagoniste, Subaru. Ça peut en surprendre certains de lire ça, pourtant, il est un protagoniste souvent mal compris. Pour résumé, il représente bien l’œuvre, car il est soit adoré, soit détesté, en étant pointé du doigt comme un personnage insupportable, énervant, pathétique, etc.

Si certains peuvent lui attribuer ces adjectifs, c’est tout simplement car Subaru n’est pas un protagoniste a idéalisé, il n’est qu’un adolescent “nolife” de 17 ans… juste humain. Il fait même rendre compte à quel point plein d’autres protagonistes dans d’autres œuvres, présentés comme des adolescents qui n’ont rien de spécial, sont eux, réellement spéciaux. Subaru devient une meilleure personne au fil du récent, et s’améliore sur pas mal de points, mais ce n’est pas le héros qui trouve la réponse à tout, où qui s’entraîne juste pour devenir plus fort que ses ennemis. C’est quelqu’un qui sera forcé d’évoluer, en arrivant à apprendre quasi uniquement d’expériences horribles.

La haine que voue certains envers Subaru, n’est potentiellement que celle d’une déception de ne pas suivre un héros à idéaliser, mais juste un humain de nos jours avec ses qualités, mais surtout ses défauts. Il est compréhensible de ne pas l’aimer, mais encore faut-il correctement le voir et le comprendre.

Sa capacité de mort réversible est plus une malédiction qu’une vraie capacité, la seule force qu’il a, c’est son incapacité à abandonner. Cette fin de phrase est tiré d’un dire de l’auteur lui-même, Tappei Nagatsuki, où il rajoutera aussi que Re:Zero est une histoire basée sur la thématique de ne jamais abandonner.

Tant qu’à parler de sa mort réversible, elle possède une condition qui la rend extrêmement cruelle, celle de ne pouvoir rien dire à propos de ce pouvoir. Disons que s’il essaye d’en parler à qui que ce soit, de mauvaises choses arrivent. Ça le rend également extrêmement seul, vu que personne ne peut vraiment le comprendre ou ressentir de l’empathie envers lui, du moins, une à la hauteur de ce qu’il a subi.

Subaru dans le récit est quelqu’un qui peut beaucoup nous ressembler, peut-être même que vous vous verrez en partie à travers lui, sur ce côté où pas mal de ses efforts ne sont pas tant pour s’améliorer, mais surtout pour avoir la reconnaissance, la bienveillance et le soutien des autres. À la base, il est bon de rappeler c’est un “nolife” au Japon, ce qui est souvent lié de base à un manque de confiance en soi, ainsi que d’un esprit défaitiste, et évidemment, c’est au moins en partie ce qu’il pense. Il se cherche juste des excuses pour avoir le soutien des autres, pour reconnaître ses efforts. Ce qui est compréhensible, quand on se dit qu’il a sûrement traversé autant, voire bien plus d’épreuves terrifiantes et traumatisantes que la majorité des personnages qu’il connaît. Cela crée ou amplifie des problèmes psychologiques dans ce genre, et cela est amené d’une façon tout aussi excellente que subtile.

Mélangez donc tout ça, avec en plus la peur de l’inconnu, passant notamment par celle constante de ne pas connaître son pouvoir, de se dire que la prochaine mort sera peut-être la dernière, et vous obtenez un bon cocktail de folie. D’ailleurs, cette peur de l’inconnu est pas mal développée dans l’histoire, et ce sur absolument tout : les légendes, les personnages, le monde tout entier, qui font que Subaru n’est pas le genre de protagoniste de isekai qui connaît tout sur tout en un rien de temps, ou au minimum, qui apprend tranquillement les choses. Ce qu’il apprend, c’est très souvent avec horreur et brutalité.

Et du fait de sa faiblesse, il n’y a quasiment que comme ça qu’il peut avancer dans ce monde. À chaque fois qu’il voit les gens qu’il voulait protéger mourir, il sait qu’aussi cruel que cela soit, il a la possibilité de changer les choses, et s’il n’y arrive pas, c’est en partie de sa faute si les autres périssent, ce qui lui fait encore plus maudire sa faiblesse. Ce n’est qu’une personne lambda qui rêve justement d’être vu comme un héros de isekai.

Derrière, le récit se concentre beaucoup plus sur les relations entre les personnages qu’un potentiel objectif à atteindre, vu qu’en soit, le seuls assez vague qu’il y a, est Subaru qui veut aider et protéger les personnes qu’il aime. Ces relations sont un point très important, vu qu’elles jouent formidablement bien sur tous les genres de récit que Re:Zero aborde. Par exemple, imaginez juste que vous vous mettez à côtoyer très régulièrement de nouvelles personnes depuis une semaine. Vous forgez de très bons souvenirs, et au bout d’un moment, vous mourrez brutalement à cause d’une personne qui vous trahit, et vous revenez au moment où vous rencontrez ces personnes.

Comment avoir de nouveau des relations saines avec ces dernières, alors que vous devez faire semblant d’apprendre à les connaître, de savoir comment traiter la personne qui vous a trahie, surtout si ce n’est pas juste par pure méchanceté, mais que cela est une résultante de vos actions, etc. Tous les détails sociaux, relationnels et psychologiques y sont minutieusement traités, et c’est ça qui rend le tout génial quand on analyse plus profondément.

L’une des autres grandes forces de l’œuvre, c’est qu’elle n’a pas besoin d’introduire des éléments d’horreurs ou sombres pour noircir le récit. Bien qu’il peut de temps en temps y en avoir, ce ne sont pas des créatures fantastiques et maléfiques par exemple qui rendent l’histoire ainsi. C’est son explicité dans les moments difficiles, mais surtout traumatisants, se basant beaucoup sur des choses simples. L’exemple donné juste avant peut assez bien représenter une partie de ce propos.

Re:Zero est un parfait mélange entre comédie, romance, fantaisie et horreur. Il maîtrise très bien tous ces genres de récits, tout en étant enrobé d’une réalisation incroyable, d’une gestion sonore qui marque, que cela soit par l’OST, la performance des seiyuu, les bruitages, et on en passe. Tout est fait pour mettre un grand point d’honneur sur quelque chose de primordiale dans n’importe quelle œuvre : l’émotion. Celles qui paraissent chez les personnages, comme celles que l’on ressent.

La saison 2 de l’anime est actuellement en cours, et comme pour la première, vous pouvez la retrouver sur Crunchyroll.