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Maquia – When the promised flower blooms : Une fable selon Mari Okada

Diffusé l’année dernière sur grand écran à Paris, Maquia – When the promised flower blooms revient chez nous en Blu-ray et DVD. L’occasion donc pour nous de revenir sur cette nouvelle pépite de l’animation qui a fait chavirer le cœur de plus d’un.

©PROJECT MAQUIA

Le peuple d’Iolph possède le secret de la longévité. Lors d’une attaque par un peuple ennemi, venu sur des dragons volants pour enlever les femmes, la jeune Maquia parvient à s’échapper, s’écrasant dans la forêt. Elle découvre alors un bébé orphelin abandonné et décide de le garder…

Une fable intemporelle et universelle

L’une des premières choses que l’on retient après le visionnage de ce film est son brio scénaristique. En effet, ce dernier est construit sur la division du récit en plusieurs périodes, celles-ci retraçant chacun des moment de la longue vie de notre héroïne, montrant son chemin de l’enfance à l’âge adulte. Si ce parti pris peut sembler plutôt étonnant de la part d’un long-métrage, il n’en reste pas moins que le processus est brillamment mené. L’écriture est intelligente, tout en se montrant subtile et complexe. Le récit prend pour un bien (comme pour un mal), le temps de s’explorer, explorer ses quelques personnages, son univers, ainsi que ses thématiques, tout ça sur un fond de mélodrame qui promet de vous faire verser quelques larmes.

©PROJECT MAQUIA

De plus, au-delà de sa complexité narrative, le film sait également se montrer pertinent. Le récit surfe tout au long sur des thèmes durs et poignants, comme la maternité, le fait d’être parent, l’amour, le temps qui passe, ou encore la recherche du bonheur. Des messages forts donc, donnant au film des allures didactiques à la manière d’une fable, pour nous conter ce long tumulte qu’est la vie. Grâce à des messages tantôt implicite, tantôt explicite, Maquia se permet de nous livrer un bel enseignement moral, destiné à chacun, sans pour autant se vouloir trop donneur de leçons.

Une réalisation aux petits oignons

Maquia ne serait rien sans le travail exceptionnel mené par le studio P.A. works (Professeur Layton et la diva éternelle, Charlotte), qui a su mener à bien la tâche colossale que fût de transposer à l’écran un monde aussi vaste. Le film impressionne par ses paysages poétiques, gorgés de couleurs éclatantes qui pourraient décoller la rétine de plus d’un. On apprécie également le travail porté sur l’architecture, oscillant entre le pure, le champêtre, et le dantesque tout au long du film, donnant ainsi un rendu plus qu’époustouflant. Cependant, il ne faut pas oublier le travail assez particulier du character design, soit Akihiko Yoshida (Final Fantasy, Bravely Default), habilement réadapté par Yuriko Ishii (Persona: Trinity Soul, KuromuKuro). Le film fait aussi la part belle au son, comme on peut l’entendre avec la présence de musiques grandioses assurés par Kenji Kawai, sans oublier la performance vocale magnifique de la talentueuse Rionos sur la bande-originale du film, qui vient compléter ce mélodrame fantastique, et que dire de la qualité de doublage exceptionnel, tant il est un vecteur d’émotions tout au long du film.

©PROJECT MAQUIA

Pour finir, comment parler de Maquia sans évoquer le cerveau derrière tout ça, Mari Okada, scénariste émérite qui commence tout juste à se faire un nom dans le milieu du film d’animation. Cette dernière née en 1976, s’est fait tout d’abord connaître pour sa participation au script de séries à succès tel que Vampire Knight, Lupin III – Une femme nommée Fujiko Mine ou encore Mobile Suit Gundam – Iron Blooded Orphans. Fort de ses récents succès, elle se lancera plus tard dans son premier long-métrage qui n’est autre que Maquia. Sa notoriété est telle que cette dernière a vue son autobiographie être adapté à l’écran sur la chaîne télévisée nippone NHK, et qu’elle a été récompensée lors du 16e Animation Kobe Award. Une notoriété grandissante donc, résultat d’un immense talent qui pourrait bien très prochainement lui faire une place parmi les grands noms de l’animation japonaise, affaire à suivre.

En définitive, Maquia – When the promised flower blooms n’a rien à envier aux derniers chefs-d’œuvre de l’animation. Le film a tout pour séduire, de par son animation frôlant la perfection, tout en passant par son écriture bourrée de qualité. Ils nous tardent de voir ce que Mari Okada nous réserve pour l’avenir.

Le film est d’ores et déjà disponible en DVD, ainsi  qu’en édition collector combo Blu-ray/DVD chez All The Anime.