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Cyberpunk 2077 – Grand jeu ou arnaque ? (Test)

Cyberpunk 2077 a fait énormément parler de lui, que cela soit en bien, comme en mal. En projet depuis 2012, le titre du studio CD Projekt Red, notamment connu pour la série de jeux The Witcher, a beaucoup fait attendre, tout en étant repoussé un sacré paquet de fois. Atteignant au passage une production estimée à 270 millions d’euros, en faisant l’un des jeux vidéo les plus chers de l’histoire. Malgré tout ça, alors que le titre entrevoyait déjà un succès équivalent à celui de The Witcher 3 par exemple, Cyberpunk 2077 et CD Projekt Red sont aujourd’hui dans la tourmente, bousculés entre succès commercial et polémiques.

Nous allons donc parler de ces sujets, mais évidemment, nous allons surtout parler du jeu en lui-même, avec notre test de Cyberpunk 2077.

D’abord, comme pour The Witcher, Cyberpunk 2077 ne vient pas de nul part. Il s’inspire du jeu de rôle sur table Cyberpunk 2020, dont le créateur Mike Pondsmith a pu superviser le projet. Mais aussi des romans de science-fiction de William Gibson, ou encore du film Blade Runner de 1982.

Parlons du jeu en lui-même. Avant tout, précisons que le test a été réalisé sur PC, et cela est très important pour la suite, vous allez comprendre. Pour la config’ à disposition, nous avons un Intel Core i5-4670k, une NVIDIA GeForce GTX 1070, 16 Go de RAM en DDR3, pour un jeu installé sur un disque dur mécanique (7200 tr/min). En 1080p ultra, le jeu tournait aux alentours de 50 et 40 fps, avec parfois des chutes aux alentours de 20 et 15 fps.

Le sujet que beaucoup doivent attendre c’est celui des bugs. Quelle est notre retour d’expérience là-dessus ? Pour résumer simplement, et c’est ce qui ressort de l’intégralité du jeu, il y a un cruel manque de finition, qui est bien plus sérieux sur consoles. Dans notre cas, nous avons rencontré quand même pas mal de petits bugs perturbateurs, mais jamais des critiques qui obligeaient à recharger la dernière sauvegarde par exemple. Comme nous disions, beaucoup relèvent d’un manque de finition, qui se ressent par exemple sur le chargement des PNJ, ou alors via certains petits bugs d’interface. Bref, rien non plus de trop alarmant, bien qu’un peu dérangeant, et pouvant un peu briser l’immersion par moments.

CD Projekt Red est accusé de beaucoup de choses négatives, à cause de la qualité du jeu sur console, surtout sur PS4 et Xbox One Fat, soit les premières versions. Des graphismes hideux qui ne chargent pas ; un framerate instable qui peine plus que jamais à atteindre simplement un 30 fps stable ; des rues quasi désertes ; une interface qui fait freeze le jeu ; des crashs ; des bugs encore plus nombreux ; bref, des jeux quasiment injouables.

Cela a tellement fait scandale que Sony et Microsoft proposent des remboursements à toutes les personnes le souhaitant et ayant acheté le jeu respectivement sur le PlayStation Store ou le Microsoft Store. Mais surtout, dans le cas de Sony, ce dernier a carrément retiré Cyberpunk 2077 de son store, jusqu’à que les problèmes soient réglés. C’est sans précédent pour un jeu AAA d’une telle envergure. Également, au lieu de monter drastiquement de par son succès (car Cyberpunk 2077 a déjà été rentabilisé), l’action de CD Projekt Red a dégringolée.

Alors, à qui la faute ? CD Projekt Red pour le résultat qu’ils ont délivré ? Les gros noms de l’industrie, dont Sony et Microsoft qui ont probablement fait presser le travail d’une façon ou d’une autre ? Ou tout simplement les joueurs pour leur impatience ? Eh bien un peu tout le monde dans les faits. Mais, le principal responsable reste CD Projekt Red, car évidemment, ce sont eux qui ont fait le jeu dans tous les cas, mais surtout ils se sont mis eux-mêmes dans une mauvaise situation en annonçant des délais qu’ils ne pouvaient à priori pas respecter. C’est désormais un parfait cas d’école de pourquoi un report peut-être compréhensible, notamment par la grande majorité des joueurs, mais qu’il ne faut tout de même pas en abuser.

Revenons sur le test du jeu, avec ses points positifs, car bien que d’un côté, on peut râler en voyant le résultat proposé au bout de tant d’années de production, on peut aussi voir tout ce qui a été fait durant ce temps. Déjà l’immersion est extrêmement prenante, à commencer par la beauté et le cruel réalisme de Night City dans ses moindre recoins, une ville dystopique, où règne la décadence la plus totale dans tous les domaines. Que cela soit dans l’environnement, dans les personnages, ainsi que les relations qu’on peut avoir avec eux, l’immersion est définitivement là, nous plongeant totalement dans ce nouvel univers.

Dans ce thème là, revenons sur le sujet des graphismes, avec bien plus de positif cette fois-ci. Car, avec la bonne configuration, Cyberpunk 2077 est magnifique, supportant même le ray tracing. Ce soin se fait aussi beaucoup ressentir sur tout l’aspect sonore, que cela soit sur les musiques, le sound design, les voix des personnages en VO ou en VF, qui renforcent l’immersion.

Toujours dans le domaine de l’immersion, l’une des très grandes forces de Cyberpunk 2077 est sa narration. Quand on commence, on peux choisir son background, avant de se faire transporter dans une histoire qui prend aux tripes, via des personnages marquants et attachants, des cinématiques vraiment intenses et un univers très bien construit. Vous aurez très souvent des choix de dialogues dans les discussions, et bien que cela ne soit pas au goût de tout le monde, nous apprécions beaucoup ce qui a été fait. En réalité, la majorité du temps, ces choix n’ont quasiment pas d’impact sur l’histoire, bien qu’elle ait tout de même six fins différentes. Il faut surtout percevoir ça comme une feature d’immersion, qui fait bien plus s’impliquer dans le personnage que l’on joue, à la façon d’un JDR, soit le format duquel est inspiré Cyberpunk 2077. Ça donne aussi le choix sur la façon d’appréhender l’histoire, dans le sens où par exemple, quand on nous raconte une situation, on peut parfois choisir entre une version très abrégée ou alors avoir tous les détails.

Évidemment, il est immanquable, un des gros arguments de Cyberpunk 2077, c’est la présence du célèbre Keanu Reeves, en tant que Johnny Silverhand. Il joue très bien un personnage vraiment intéressant, et qui est bien plus présent qu’on aurait pu le croire à la base. En parlant de personnage, nous avons à disposition un éditeur de personnage plutôt poussé, mais pas autant qu’on n’aurait pu le croire. Des bien plus complets existent déjà, comme avec Black Desert Online ou Fallout 4 par exemple.

Concernant la durée de vie, nous sommes un peu étonné, mais nous sommes aux alentours de la vingtaine d’heures quand on le fait en ligne droite, et jusqu’à 80 heures pour le finir à 100 %. Alors attention, c’est très bien, mais pour un jeu qui a pris autant de temps, surtout de la part de CD Projekt Red, nous pouvions tout de même s’attendre à plus, au moins sur l’histoire principale. Évidemment, on est obligé de le comparer à The Witcher 3 du même studio dans ce domaine.

Sur le gameplay, il y a du bon, mais aussi du cafouillage. Pour faire simple, que cela soit sur le combat au corps à au corps, le FPS ou la conduite, il y a plein de bonnes idées, mais jamais rien de transcendant, voire un peu brouillon. Notamment à la conduite, où d’un véhicule à un autre, on peut passer d’une bonne expérience, à une savonnette catastrophique, comme avec la première voiture à notre disposition.

À propos de l’intelligence artificielle, disons qu’elle est bizarre. Jamais rien d’excellent ne s’est manifestée d’elle, c’est soit elle fait un boulot à peu près correct, soit elle part parfois n’importe comment, notamment dans les phases d’infiltrations.

Au final, Cyberpunk 2077 laisse un goût un peu amer en réalité, dans le sens où les qualités du jeu sont là et indéniables, mais il représente quand même une sacrée déception par rapport à ce qu’on pouvait attendre. Il faut savoir que le jeu a été refait deux ou trois fois durant son développement, où par exemple, il devait d’abord se jouer à la troisième personne, avant de garder uniquement la première, ou encore que la conduite n’était pas prévue à la base. Quand on sait tout ça, on comprend déjà mieux certains défauts et manques de finitions selon les points.

Évidemment, nous ne pouvons pas mettre sous silence les pratiques de CD Projekt Red, comme le fait d’avoir caché jusqu’à la dernière minute la qualité des versions consoles, en voulant faire payer les pots cassés à Sony et Microsoft, qui ont chacun répondu avec plus ou moins de fermeté.

Cyberpunk 2077 va tout de même continuer à s’améliorer, ça c’est certain, avec des patchs, des extensions et un mode multijoueur qui arrivera dans quelques années, mais malheureusement, l’image de CD Projekt Red très proche des joueurs, vient de prendre un sacré coup.