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Asadora! Tome 2 – La jeune pilote

Asadora! est un manga du célèbre Naoki Urasawa, auteur notamment de Monster, 20 Century Boys, Pluto, Billy Bat et autres. Sa nouvelle série, Asadora!, est actuellement en cours au Japon avec 3 tomes parus actuellement, le deuxième vient tout juste de sortir en France chez Kana.

La ville de Tokyo, à la veille des Jeux Olympiques de 2020, est dévastée par un monstre cornu. Retour en arrière, direction Nagoya 1959, veille d’un terrible typhon, Asa, 12 ans, court chercher un médecin pour l’amener auprès de sa mère sur le point d’accoucher. Une héroïne qui ne cesse de courir, un vieil homme hanté par son passé, un événement historique marquant, des personnages secondaires haut en couleurs, des sauts dans le temps… Aucun doute n’est permis : dans Asadora !, Naoki Urasawa renoue avec tous les ingrédients à l’origine de son succès mondial.

Ce second volume commence dans un lieu et une temporalité différente du premier tome. On se situe dans une jungle en y suivant deux chercheurs japonais, qui tombent sur les traces de griffes du monstre géant ayant attaqué la ville de la petite Asa dans le précédent volume. Le mystère s’épaissit donc d’autant plus concernant cette créature avec cette introduction.

Néanmoins, on retrouve rapidement Asa et le vieux Kasuga dans leur avion, essayant de venir en aide aux démunis ayant perdu leur maison et restant bloqués au milieu de l’eau, en leur parachutant des vivres depuis le ciel. Asa rejoint rapidement ce qu’il reste de sa famille nombreuse, c’est-à-dire pas grand-chose et va tout faire pour sauver ce qu’il reste, jusqu’à apercevoir un petit bout du monstre qui sort un de ses membres de sous l’océan. Cet aspect surréaliste qu’Urasawa aime tant ajouter à ses récits renforce le sentiment de peur pour le lecteur vis-à-vis de la survie de ses personnages, notamment d’Asa, l’héroïne, petite fille en apparence si minuscule à côté de ce gigantesque monstre.

La relation entre cette dernière et Kasuga est encore plus touchante dans ce tome-ci, alors que le vieil homme est sur le point de tomber dans les pommes suite à sa blessure, il va apprendre à Asa comment piloter un avion pour que les deux puissent s’en sortir vivant, chose qu’elle va miraculeusement réussir à la surprise de tous. On apprend aussi que le propriétaire de cet avion trempe dans des histoires de drogues et que la cargaison que transportait l’engin était un gros sac de cocaïne. Cargaison qu’elle arrivera à échanger contre la possession de l’avion non sans mal par la suite.

Alors que Kasuga laisse paraître qu’il en sait plus que ce qu’il veut bien nous faire croire, le “chevalier du ciel” n’en reste pas moins admirable tant il donnera tout pour Asa. Cette dernière représente un réel vent de fraîcheur dans un monde pourtant si dur. Une petite fille haute comme trois pommes, si enfantine et naïve qui fait face à une épreuve hors du commun, dépassant l’entendement. Ce contraste est un réel point fort de l’œuvre.

Cependant, il ne sera que de courte durée… Urasawa opte ici pour une ellipse temporelle et on retrouve notre héroïne âgée désormais de 17 ans, devenue une vraie pilote d’avion ! Nous avons maintenant une jeune femme et forte au caractère bien trempé, qui ne se laisse pas marcher dessus même par des hommes qui tenteraient de la discréditer de par son sexe. Notre héroïne élève ses trois petits frères et sœurs restants avec le vieux Kasuga, qui d’ailleurs reverra son colonel en temps de guerre, venant lui parler avec une photo du fameux monstre qui n’a plus fait parler de lui depuis cette époque d’ailleurs. Asa va surprendre leur discussion, mais Kasuga va s’en aller sans une explication avec son mystérieux colonel.

Asa va mener l’enquête tout en continuant de vivre sa vie de lycéenne et va trouver dans un musée, une photo d’une griffure géante ainsi que le possesseur de la photo qui comme vous l’avez imaginé, est l’un des chercheurs japonais du tout début du tome. C’est encore là qu’on voit le génie d’écriture de Naoki Urasawa, le tome se termine là où il a commencé, le mystère reste entier et tout se rejoint. La série se lit comme un feuilleton, rien d’étonnant, car le nom du manga est un clin d’œil à la série télévisée du même nom, qui a fait ses débuts en 1961 au Japon, sur la chaîne NHK. On retrouve donc dans Asadora! l’ingéniosité de narration et de découpage d’un auteur ayant déjà fait ses preuves dans le genre depuis moult années. Asadora! est un pollar haletant comme très peu de mangaka savent écrire. Le tome 3 de la série est prévu en France pour le 3 octobre 2020, toujours aux éditions Kana.