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Pinsaro Sniper Tome 1 – La pompe funèbre

Pinsaro Sniper est un manga action-érotique (deux catégories, hein.) de Tabe Koji édité par Meian dans leur nouvelle collection Daitan! . Le premier tome est sorti le 29 juin 2020. Bien que pour public averti, l’érotisme n’est pas forcément le plus important ici. L’auteur a réservé la vedette à un récit noir, dans laquelle un groupe, les Pinsaro Sniper, défendent les opprimés.

Le jour, Yuki Kaidô est une simple employée de bureau travaillant dans une petite entreprise et lorsque le soleil se couche, elle se prostitue dans un pink salon, sorte de club de prostitution. Mais cette seconde occupation n’est en fait qu’une couverture pour son activité de tueuse à gages ! Surnommée Pinsaro Sniper, elle lutte à sa façon contre un monde corrompu par l’argent et l’ambition, armée de son fidèle fusil à lunette.

Comme le dit bien l’auteur, les femmes ont plusieurs visages et notre personnage principal, Yuki Kaidô, en possède trois. Le jour, elle est une employée de bureau on ne peut plus banal, le soir elle travaille dans un pinsaro, sorte de maison close spécialisée. Enfin, elle est aussi une célèbre tueuse qui élimine les ordures de la ville avec son sniper. Une sorte de mélange entre Fujiko Mine de Lupin III et Ryô Saeba de City Hunter, donc. Malgré son statut de personnage principal, sa présence dans les chapitres se limite généralement à une passe et un coup de sniper.

C’est ce qu’on pourrait reprocher au manga dans sa globalité. Avec sa construction épisodique, chaque chapitre nous raconte une nouvelle histoire, toujours en suivant le même schéma. Un client arrive au club, se livre sur son passé douloureux pendant qu’il profite des services de Yuki, on voit un peu le côté du méchant et boom, en pleine tête. Si ce n’est pas un mal en soi, le manque de fil rouge et la répétitivité se fait ressentir passé les premières missions. On aurait aimé en voir un peu plus sur l’organisation des meurtres ou sur la vie de Yuki en tant que personne.

Graphiquement, on ressent encore les influences de l’auteur. Yuki est une copie carbone de Fujiko (chose totalement assumée par l’auteur) et les quartiers de la ville rappellent Shinjuku, avec ses buildings et ses prostituées. L’ambiance urbaine et nocturne est plaisante et nous offre de jolies pages. Les scènes de sexes sont explicites, plus proches de la pornographie que du ecchi, mais garde une certaine finesse, le contraste entre le discours dramatique du client et la représentation décomplexée du rapport créent une atmosphère particulière. On retrouve un peu cet équilibre dans les meurtres, la mort et la violence sont représentées de manières très graphiques, mais sans tomber dans l’excès ou le gore. Si vous en doutiez encore, Pinsaro Sniper n’est pas le genre de manga que vous lisez dans le métro ou que vous pouvez offrir à votre petite sœur.

Pour le tome 2, prévu pour le 2 septembre 2020, nos attentes sont claires : une trame de fond ou bien des missions plus longues. Le lecteur est désormais familier avec l’univers et les personnages, il faut maintenant passer la seconde et lui proposer quelque chose d’autre, sous peine de le lasser. Malgré tout, ce premier volume de Pinsaro Sniper est une lecture rafraîchissante et on apprécie que Meian casse ce tabou autour du manga érotique, trop souvent relégué aux étagères hautes des librairies.