Team Manga | L'actu manga - anime - jeux vidéo - cinéma
Accueil » Colorless Tome 1 – En noir et blanc

Colorless Tome 1 – En noir et blanc

Colorless est un seinen mélangeant le noir et la SF, écrit et dessiné par KENT, dont c’est la première série. C’est aussi la première de Shiba Edition, un jeune éditeur belge, qui a réussi à nous surprendre avec ce titre sorti en septembre 2020.

Suite à une éruption solaire d’une ampleur sans précédent, la Terre a perdu ses couleurs. L’humanité, victime de mutations génétiques, est sur le déclin… Malgré tout, il subsiste encore des fragments infimes de couleurs dans le monde, et ils pourraient bien être la clé qui rendra à la Terre sa splendeur d’antan, tout comme une mystérieuse jeune fille… Avidya, qui étudie la prodigieuse énergie contenue dans les pigments, va devoir mettre sa vie en jeu pour protéger la jeune Tchié, dans un combat contre l’Église qui cherche à s’emparer de ce pouvoir pour étendre son influence.

On suit donc Avidya, une sorte de scientifique clandestin, dans un monde sur le chemin de la ruine. Non-contente d’avoir privé la Terre de couleur, l’éruption solaire a aussi transformé les êtres humains en créatures monstrueuses, plongeant la société dans une sorte de chaos. La solution à ce fléau semble être les pigments de couleurs, dont-il subsiste quelques fragments et qu’Avidya étudie sans répit. Malheureusement pour lui, l’Église compte bien lui mettre des bâtons dans les roues, et la foi semble être la dernière préoccupation de cette étrange organisation. La vie de notre anti-héros change cependant brutalement, quand il fait la rencontre de Tchié, une jeune fille avec un très lourd secret.

On se retrouve plongé dans un univers sombre, sale, rugueux. La ville de Rikudo où se déroule l’histoire est séparée en deux parties bien distinctes, comme souvent dans les dystopies. D’un côté, une sorte de grand foutoir à ciel ouvert, dans lequel tout semble être sujet à magouille, trafic, règlement de comptes. De l’autre, une cité immaculée, réservée à une élite décadente. Rien de spécialement original de ce côté-là, mais si on y ajoute l’absence de couleur et la transformation des humains, on se retrouve avec quelque chose d’assez frais et efficace.

Côté dessin, KENT le dit lui-même, son trait rappelle énormément les comics. Et pour cause, le prototype de Colorless était sous forme de comics américain ! Cette influence, on la retrouve aussi dans le chara-design, avec des monstres humanoïdes légèrement grotesques, qui réussissent quand même à être attachant. Le personnage principal, Avidya, fait un peu figure d’exception au milieu des autres abominations. Allure de robot, long manteau noir et charisme indéniable, on est face à un authentique dur au cœur tendre, option scientifique-détective-justicier, pour notre plus grand plaisir.

Outre les qualités évoquées précédemment, Colorless bénéficie d’un beau travail d’édition, avec un format poche assez grand et une très bonne qualité de papier. Si on pouvait s’y attendre pour 10€, c’est surtout une superbe idée qui nous marque : l’utilisation des pages couleurs. En effet, un récit qui parle d’un monde en noir et blanc en manga, ça peut sembler peu pratique, étant donné que tout ce qu’on lit est toujours noir et blanc. KENT a eu la très bonne idée d’inclure des pages couleurs, pour les moments où sont représentés les pigments, un peu partout dans le tome !

Colorless a tout d’une bonne surprise. Avec son idée de départ, son dessin nerveux et ses personnages attachants, on se retrouve happé dans le manga sans s’y attendre. L’histoire nous réserve déjà de nombreux mystères, notamment autour la scène d’introduction de ce premier tome. On attend avec une certaine curiosité le prochain volume, prévu pour juin 2021.