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Parasite Tome 1 – Ils sont parmi nous

Le tome 1 de Parasite est enfin là pour notre plus grand plaisir. Glénat nous offre en fait la réédition du manga d’Hitoshi Iwaaki, déjà paru en France en 2002. L’oeuvre n’a connu une adaptation animée que très récemment, en 2014 et est disponible sur Netflix.

Depuis des milliers d’années, l’Homme se trouve au sommet de la chaîne alimentaire. Jusqu’au jour où de mystérieuses sphères, abritant d’étranges parasites, se répandent un peu partout sur Terre. Rapidement, les entités prennent possession de certains habitants. Nul ne sait d’où elles viennent, mais ce qui semble certain, c’est qu’elles sont là pour débarrasser le monde de l’espèce humaine. Shinichi, jeune lycéen, est un “hôte” dont le cerveau a miraculeusement été épargné : et pour cause, Migy, son parasite, a pris possession de son bras droit ! Ce cas exceptionnel va déboucher sur une singulière cohabitation. Car au-delà de la fusion physique opérée entre Migy et Shinichi, qui partagent désormais le même corps et la même vie, va se développer un lien d’attachement particulier où les deux êtres vont apprendre chacun l’un de l’autre. Alors que Shinichi se découvre doté d’incroyables facultés physiques, il prend aussi conscience de la menace qui plane sur ses proches… et sur l’humanité tout entière. Réussira-t-il, avec l’aide de Migy, à enrayer l’inévitable invasion ?

“Notre” planète…

Les deux premières pages posent l’idée principale du manga et ses axes de réflexion.

La planète, ravagée par les humains à cause de la pollution, la déforestation et l’élevage de masse. Qu’en serait-il si l’humanité venait à disparaître ? Est-ce que la planète se porterait mieux ? Est-ce que l’écosystème renaîtrait comme à sa genèse ?

C’est pour commencer à répondre à ces questions que les parasites sont introduits. Ils sont là pour en finir avec la domination de la nature par l’Homme.

Du point de vue de Shinichi, les parasites sont des monstres sanguinaires qui tuent des humains sans états d’âme. Cette conception est sans cesse remis en question par les réflexions de Migy qui viennent faire le parallèle avec les horreurs que les humains commettent chaque jour.
Les parasites s’informent sans cesse sur la société et certains se mêlent aux humains pour vivre normalement, ne tuant que pour se nourrir. Que peut-on leur reprocher ? Tuer pour manger, les êtres humains, le font aussi et à plus grande échelle.

Les thèmes abordés par le manga sont en avance sur leur temps (on rappelle que le manga était prépublié à partir 1988 !) et l’auteur frappe un gros coup en les présentant à la société japonaise de l’époque. Parasite est un des pionniers du genre horrifique/SF pour le manga. Il inspirera très clairement de nombreux mangas comme Tokyo Ghoul au point où l’on pourrait écrire un petit synopsis qui conviendrait au deux œuvre tant elle ont des similitudes. L’histoire d’un jeune garçon discret et peureux qui va devenir une chimère entre humain et les monstres, combattant ces même chimères, il aura un violent choc émotionnel qui fera vriller sa personnalité à 180 degrés de manière assez brutale. Alors ? On parle de quel manga ? Parasite ou Tokyo Ghoul ?

Outre le côté réflexion, l’auteur présente l’horreur parfaitement. Que ce soit par le fait de savoir que les parasites se mêlent aux humains ou de voir leurs membres étranges, on a toujours des frissons. La scène du début avec les parasites s’introduisant dans leurs “hôtes” est répugnante et horrifique, sachant que la peur qu’un insecte s’introduise par nos orifices pendant la nuit nous a tous hanté au moins une fois. Le sentiment de tension tout au long de la lecture est totalement présent.
Les scènes sanglantes ne sont pas moins représentées, au contraire. Tout est montré mais sans que ce soit gore à outrance. C’est sanglant parce que ça doit l’être et que ça sert le propos de l’œuvre.

Le trait d’Iwaaki est parfait. Les expressions, les visages qui se déforment pour laisser place au parasite, les plans et le découpage ; tout est fait pour être en totale immersion dans ce monde effrayant et sans pitié. Certains trouveront le style graphique un petit peu dépassé, le manga étant sorti originellement dans les années 80, mais c’est ce qui fait aussi le charme de l’œuvre. Les combats sont ultra dynamiques, compte tenu de la vitesse et de la précision sur-humaine des parasites auxquelles on peut juste assister, impuissant face à ces créatures devenues nos prédateurs. Bien sûr Iwaaki n’oublie pas le côté comique et les gags, profitant de Migy et de ses analyses pour nous faire rire.

Comme vous le savez, il s’agit ici d’une réédition du manga déjà paru chez Glénat en 2002 chez nous. Profitons en pour comparer très brièvement les deux tome 1 de la série. Nous pouvons tout de suite remarquer que les couvertures sont totalement différentes, la nouvelle édition jouit d’une esthétique plus sobre mettant en scène Migi en gros plan et donnant un sentiment de bizarrerie. Elle est également un tout petit peu plus grande et plus épaisse, ne faisant que 8 tomes contre 10 pour l’ancienne édition. Elle possède également une toute nouvelle traduction et quelques pages couleurs à ne pas négliger. Étant donné que des images parlent plus que des mots, on vous laisse avec cette comparaison photo !

Cette réédition est donc la meilleure option aujourd’hui pour découvrir ou redécouvrir ce chef-d’oeuvre que nous vous invitons grandement à vous procurer. Avec ce manga, l’auteur réussit un coup de maître autant au niveau du scénario que du dessin et des combats, mais surtout pour les messages que l’œuvre porte, c’est un véritable classique du genre qu’il ne faudra pas hésiter à dévorer ! Le deuxième tome est prévu pour le 1er avril 2020 chez Glénat.